# Comment comparer les performances thermiques des menuiseries ?

Les menuiseries extérieures constituent un enjeu majeur dans la performance énergétique des bâtiments. Responsables de 10 à 25% des déperditions thermiques d’une habitation selon son niveau d’isolation globale, les fenêtres, portes-fenêtres et baies vitrées méritent une attention particulière lors de leur sélection. Dans un contexte où la réglementation environnementale RE2020 impose des standards de plus en plus exigeants et où les coûts énergétiques ne cessent d’augmenter, comprendre les critères de performance thermique des menuiseries devient indispensable. Au-delà des aspects esthétiques et du choix des matériaux, ce sont des coefficients techniques précis qui déterminent la capacité d’une fenêtre à conserver la chaleur en hiver, limiter les surchauffes en été et contribuer au confort thermique global de votre logement.

Les coefficients thermiques réglementaires uw, uf et ug

L’évaluation de la performance thermique d’une menuiserie repose sur un système de coefficients normalisés qui permettent de comparer objectivement différents produits. Ces indicateurs, exprimés en W/m².K (watts par mètre carré kelvin), quantifient les flux de chaleur traversant chaque composant de la fenêtre. Plus ces valeurs sont faibles, meilleure est l’isolation thermique. Cette logique peut sembler contre-intuitive au premier abord, mais elle reflète simplement la quantité d’énergie qui s’échappe à travers la paroi vitrée.

Le coefficient uw : transmission thermique globale de la fenêtre

Le coefficient Uw (où « w » signifie « window ») représente la performance thermique de l’ensemble de la menuiserie : vitrage, châssis et jonctions comprises. C’est l’indicateur le plus important pour comparer deux fenêtres entre elles, car il offre une vision globale et réaliste de leur efficacité isolante. Une fenêtre conforme à la RE2020 doit présenter un Uw inférieur ou égal à 1,3 W/m².K en construction neuve. Les menuiseries les plus performantes atteignent des valeurs comprises entre 0,7 et 0,9 W/m².K, tandis que les anciennes fenêtres en simple vitrage affichaient des coefficients catastrophiques de 5 à 6 W/m².K.

Pour vous donner un ordre de grandeur concret, une fenêtre standard en PVC avec double vitrage affiche généralement un Uw autour de 1,4 W/m².K, alors qu’une menuiserie haut de gamme avec triple vitrage peut descendre à 0,8 W/m².K. Cette différence, qui peut sembler minime sur le papier, se traduit par des économies substantielles sur vos factures de chauffage sur le long terme. Le calcul du coefficient Uw prend en compte la proportion entre surface vitrée et surface du châssis, ce qui explique pourquoi deux fenêtres de dimensions différentes avec les mêmes composants n’auront pas exactement le même Uw.

Le coefficient uf : déperdition thermique du cadre et du dormant

Le coefficient Uf (« f » pour « frame », cadre en anglais) mesure exclusivement la performance thermique du châssis de la fenêtre, qu’il soit en PVC, aluminium, bois ou matériau mixte. Ce coefficient varie considérablement selon le matériau choisi et sa conception technique. Les profilés PVC multichambre offrent généralement les meilleures performances avec des valeurs Uf comprises entre 0,9 et 1,2 W/m².K. Le bois massif affiche des résultats compar

ables, généralement entre 1,2 et 1,6 W/m².K selon l’essence et l’épaisseur. L’aluminium, très conducteur à l’état brut, n’atteint de bonnes performances qu’avec des systèmes à rupture de pont thermique : sans cela, le Uf peut dépasser 3 W/m².K. Enfin, les menuiseries mixtes (bois/alu, PVC/alu) combinent souvent un noyau très isolant côté intérieur et un habillage plus résistant côté extérieur, ce qui permet de descendre sous 1,0 W/m².K sur certains profilés haut de gamme.

Le coefficient ug : isolation thermique du vitrage simple ou double

Le coefficient Ug (g pour glass) caractérise uniquement l’isolation thermique du vitrage, indépendamment du cadre. C’est lui que vous verrez mis en avant pour comparer un double vitrage standard, un double vitrage à isolation renforcée (VIR) ou un triple vitrage. Un ancien double vitrage 4/12/4 présente par exemple un Ug de l’ordre de 2,8 W/m².K, contre 1,1 W/m².K pour un double vitrage moderne à faible émissivité rempli à l’argon, et jusqu’à 0,5–0,6 W/m².K pour les meilleurs triples vitrages.

Attention toutefois à ne pas confondre Ug et Uw lors de la comparaison de menuiseries. Un vitrage très performant monté dans un châssis médiocre donnera au final un Uw décevant. Pour un projet de rénovation énergétique cohérent, visez au minimum un Ug ≤ 1,1 W/m².K pour du double vitrage, et ≤ 0,8 W/m².K si vous optez pour du triple vitrage, notamment en climat froid ou en maison très bien isolée.

Le facteur de transmission linéique psi : ponts thermiques en périphérie

Entre la théorie d’un bon Ug et la réalité d’une fenêtre posée dans un mur, il existe une zone critique : la périphérie du vitrage, là où la vitre rencontre l’ouvrant et l’intercalaire. C’est précisément ce que traduit le facteur de transmission linéique Ψ (Psi), exprimé en W/m.K. Il quantifie les déperditions thermiques linéaires le long du pourtour du vitrage, liées aux ponts thermiques de l’intercalaire et des profils de menuiserie.

Concrètement, un intercalaire aluminium classique génère un Psi élevé (0,06–0,08 W/m.K), alors qu’un intercalaire « warm edge » composite ou inox peut abaisser cette valeur autour de 0,03–0,04 W/m.K. Cela peut sembler anecdotique, mais sur le périmètre de dizaines de fenêtres, la différence se traduit par plusieurs dizaines de kWh perdus en moins chaque année, et par une température de surface plus élevée en bord de vitrage, donc moins de risques de condensation et plus de confort près des baies.

Les seuils de performance selon la re2020 et le label passivhaus

La réglementation environnementale RE2020 ne fixe pas un Uw minimal unique pour chaque menuiserie, mais impose un niveau global de performance énergétique au bâtiment. Dans la pratique, pour respecter les exigences de consommation et de confort d’été, les bureaux d’étude thermique recommandent des fenêtres affichant un Uw ≤ 1,3 W/m².K en construction neuve, valeur devenue un standard pour les fenêtres PVC, bois ou aluminium performantes.

Pour les projets très ambitieux, comme les maisons passives ou les bâtiments certifiés Passivhaus, les exigences sont nettement plus strictes. Le référentiel Passivhaus limite ainsi le Uw des menuiseries à ≤ 0,8 W/m².K (fenêtre complète, pose incluse dans le calcul) et recommande des Ug de l’ordre de 0,5–0,6 W/m².K, avec des Psi très faibles et une excellente étanchéité à l’air. En rénovation, viser un Uw autour de 1,1–1,3 W/m².K constitue déjà un saut qualitatif majeur par rapport à des menuiseries anciennes à 2,5–3 W/m².K, tout en restant économiquement raisonnable.

Méthodologies de mesure et certifications NF EN ISO 10077

Pour que les coefficients Uw, Uf, Ug ou Psi soient comparables d’un fabricant à l’autre, ils doivent être déterminés selon des protocoles harmonisés. Les normes européennes NF EN ISO 10077 et EN 12412 définissent précisément les méthodes de calcul et d’essai à utiliser. Derrière un simple chiffre sur une fiche technique, il y a en réalité des simulations numériques sophistiquées et parfois des tests en laboratoire coûteux, réalisés sous le contrôle d’organismes indépendants.

Protocole de test en laboratoire selon la norme EN 12412-2

La norme EN 12412-2 décrit les méthodes expérimentales pour mesurer la conductance thermique des profils de menuiserie (cadres, dormants, ouvrants) et de leurs assemblages. En laboratoire, des échantillons de fenêtres ou de tronçons de profilés sont placés entre deux ambiances contrôlées : une chambre chaude et une chambre froide, avec une différence de température stabilisée, par exemple 20 °C côté intérieur et 0 °C côté extérieur.

Des capteurs mesurent en continu les flux de chaleur qui traversent l’élément testé jusqu’à atteindre un régime permanent. Le laboratoire peut alors déterminer le coefficient de transmission thermique expérimental et vérifier la conformité aux valeurs annoncées. Ce type de test est particulièrement utile pour valider de nouveaux systèmes de profilés complexes (multichambres, rupteurs de ponts thermiques, inserts isolants) avant leur mise sur le marché.

Calcul par méthode simplifiée versus simulation numérique par éléments finis

En pratique, la majorité des valeurs Uw fournies par les fabricants ne proviennent pas de tests physiques systématiques, mais de calculs normalisés selon NF EN ISO 10077 et EN ISO 10211. Deux approches coexistent : la méthode simplifiée, basée sur des catalogues de valeurs tabulées pour des sections types, et la simulation numérique par éléments finis en 2D, bien plus précise. Les logiciels spécialisés reproduisent en détail la géométrie du profil, la répartition des matériaux et les conditions aux limites pour calculer les champs de température.

Pour des menuiseries standards, la méthode simplifiée reste suffisante et économique. Dès que l’on cherche à optimiser au maximum les performances (maison passive, grandes baies vitrées complexes, menuiseries mixtes), la simulation numérique devient indispensable. Elle permet de tester virtuellement différentes configurations (type d’intercalaire, épaisseur d’isolant, géométrie des chambres PVC, etc.) et d’identifier rapidement les zones de ponts thermiques à corriger.

Certification CEKAL pour les vitrages isolants

Au-delà des méthodes de calcul, les vitrages isolants bénéficient en France d’une certification spécifique : CEKAL. Ce label, délivré par un organisme indépendant, garantit pendant 10 ans l’étanchéité des vitrages isolants (double ou triple vitrage) ainsi que le respect de leurs performances thermiques et, le cas échéant, acoustiques ou de sécurité. Chaque vitrage certifié est identifié par un marquage en bord de verre indiquant le nom du fabricant, le numéro de certification et parfois le type de performance (TR pour thermique, AR pour acoustique, etc.).

Pour vous, cette certification est un repère simple : un double vitrage portant le marquage CEKAL TR14 appartiendra à la meilleure classe d’isolation thermique disponible sur le marché courant. En cas de doute lors d’un devis, n’hésitez pas à demander la référence CEKAL exacte des vitrages proposés. C’est un moyen concret de vérifier que les Ug annoncés ne sont pas purement théoriques, mais bien adossés à un contrôle qualité rigoureux.

Label acotherm et classification TH de CSTB

Pour les fenêtres complètes, le label Acotherm constitue une autre référence importante. Co-délivré par le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) et le FCBA, il atteste à la fois des performances thermiques (indice TH) et acoustiques (indice AC) des menuiseries. Les classes thermiques TH vont de TH6 à TH17, les plus élevés correspondant aux meilleures performances d’isolation. À titre indicatif, une menuiserie double vitrage performante se situera souvent autour de TH11–TH12, alors qu’un modèle très haut de gamme, proche des standards passifs, pourra atteindre TH15–TH17.

Choisir une fenêtre certifiée Acotherm, c’est s’assurer que le Uw annoncé a été validé sur des bancs d’essai et que la menuiserie respecte par ailleurs un certain nombre d’exigences de robustesse, de fonctionnement et de durabilité. Dans un projet global de rénovation énergétique, croiser les informations des labels CEKAL et Acotherm permet de vérifier que l’ensemble vitrage + châssis est cohérent, et que vous ne payez pas pour un vitrage très performant monté sur un cadre peu isolant, ou l’inverse.

Comparaison des matériaux : PVC, aluminium à rupture de pont thermique et bois

Le matériau du châssis joue un rôle central dans les performances thermiques, mais aussi dans la durabilité et l’empreinte environnementale des menuiseries. Faut-il privilégier le PVC pour son rapport performance/prix, l’aluminium pour sa finesse et sa longévité, ou le bois pour son excellent bilan carbone ? La réponse dépend de vos priorités, mais quelques repères chiffrés permettent déjà de comparer objectivement ces familles de produits.

Performance des profilés PVC multichambre avec renfort acier

Le PVC s’est imposé comme le matériau de référence en rénovation thermique, notamment grâce à ses très bonnes performances isolantes et à son coût maîtrisé. Les profilés modernes sont conçus avec plusieurs chambres d’air internes (4, 5, 6 voire 7 chambres) qui agissent comme autant de couches isolantes successives. Sur un profilé de 70 mm, les Uf courants se situent entre 1,1 et 1,4 W/m².K ; sur des gammes de 82–88 mm avec renforts optimisés, on peut descendre autour de 0,9–1,0 W/m².K.

Le revers de la médaille concerne l’impact environnemental du PVC (origine pétrochimique, additifs, fin de vie) et, dans une moindre mesure, la rigidité. Les renforts acier, indispensables pour garantir la tenue mécanique des grandes baies, peuvent légèrement dégrader le Uf si leur implantation n’est pas bien optimisée. Si vous êtes sensible à l’empreinte carbone, privilégiez les menuiseries PVC intégrant une part de PVC recyclé et vérifiez la présence de profilés multichambres plutôt que des sections anciennes plus simples.

Systèmes aluminium avec barrette polyamide et isolant thermique

L’aluminium est longtemps resté pénalisé sur le plan thermique en raison de sa très forte conductivité. Les systèmes actuels à rupture de pont thermique (RPT) ont profondément changé la donne. Les profilés sont scindés en trois parties : deux coques aluminium intérieure et extérieure, séparées par une ou plusieurs barrettes isolantes en polyamide renforcé, parfois complétées par des mousses isolantes insérées dans les chambres. Résultat : les Uf des gammes performantes tournent désormais entre 1,1 et 1,6 W/m².K, ce qui les place au niveau des bons profilés bois ou PVC.

L’aluminium conserve néanmoins deux atouts majeurs : sa rigidité (idéale pour les grandes baies coulissantes) et la finesse de ses montants, qui augmente la surface vitrée et donc les apports solaires et lumineux. Dans des projets où l’esthétique contemporaine et la durabilité priment, un coulissant alu à RPT, bien choisi, peut offrir un excellent compromis thermique, surtout s’il est associé à un double ou triple vitrage à Ug faible et à des intercalaires warm-edge.

Essence de bois et lambda des menuiseries en chêne, pin ou mélèze

Le bois est naturellement isolant, avec une conductivité thermique (lambda) typique de 0,12–0,15 W/m.K pour les essences courantes, contre plus de 200 W/m.K pour l’aluminium brut. Les menuiseries en pin, mélèze ou chêne offrent donc d’emblée de bonnes performances Uf, souvent comprises entre 1,2 et 1,5 W/m².K pour des sections standard, sans artifice particulier. En augmentant l’épaisseur des profils (78–92 mm) ou en intégrant des isolants complémentaires, certains fabricants atteignent même des Uf voisins de 0,9–1,0 W/m².K.

Au-delà des chiffres, le bois se distingue par son excellent bilan carbone (matériau renouvelable, stockage du CO₂) et sa réparabilité. En contrepartie, il exige un entretien régulier des surfaces exposées (lasure ou peinture) et une vigilance accrue dans les zones très exposées aux intempéries. Si vous cherchez un compromis entre performance thermique, durabilité et impact environnemental, une menuiserie en bois certifié (PEFC, FSC) avec un bon classement AEV et un Uw autour de 1,0–1,2 W/m².K est une option particulièrement cohérente.

Menuiseries mixtes bois-aluminium : performances hybrides optimisées

Les menuiseries mixtes, notamment bois-aluminium, cherchent à tirer le meilleur des deux mondes : un noyau bois isolant et chaleureux côté intérieur, protégé par un capotage aluminium sans entretien côté extérieur. Sur le plan thermique, ces solutions se situent généralement parmi les plus performantes du marché, avec des Uf souvent inférieurs à 1,0–1,2 W/m².K et des Uw pouvant descendre à 0,8–0,9 W/m².K en triple vitrage.

Le coût initial est plus élevé que pour du PVC ou du bois nu, mais la longévité et la quasi-absence d’entretien extérieur compensent en partie cet investissement, surtout sur des projets haut de gamme ou très exposés. Si votre objectif est de viser un niveau de performance proche du passif sans sacrifier l’esthétique intérieure du bois, les menuiseries mixtes méritent d’être étudiées de près, en comparant soigneusement les valeurs Uf/Uw et les classements AEV des différentes gammes.

Technologies de vitrage et leur impact sur l’isolation thermique

Une grande partie des performances thermiques d’une menuiserie se joue dans le vitrage, qui représente souvent plus de 70 à 80 % de la surface totale. Comprendre les différentes technologies disponibles vous permet de choisir, non seulement un bon coefficient Ug, mais aussi un équilibre adapté entre isolation, apports solaires et confort d’été. Faut-il privilégier un double vitrage à isolation renforcée ou basculer vers un triple vitrage ? Quels rôles jouent les gaz argon et krypton et les intercalaires warm-edge ?

Double vitrage à isolation renforcée avec revêtement low-e argent

Le double vitrage à isolation renforcée, souvent abrégé en VIR ou ITR, est aujourd’hui la norme en construction neuve comme en rénovation. Il se compose de deux verres séparés par une lame de gaz (généralement de l’argon), dont l’une des faces internes est recouverte d’une couche transparente de métaux nobles (argent ou oxydes métalliques). Cette couche « low-e » (faible émissivité) réduit fortement les pertes de chaleur par rayonnement infrarouge vers l’extérieur, tout en laissant passer une grande partie de la lumière visible.

Sur un ensemble typique 4/16/4 avec argon et couche low-e, on obtient un Ug de l’ordre de 1,1 W/m².K, contre 2,6–2,8 W/m².K pour un ancien 4/12/4 à air. Le facteur solaire Sw tourne autour de 0,6–0,65, ce qui assure de bons apports gratuits en hiver. Pour vérifier que vous disposez bien d’un VIR, vous pouvez utiliser le « test de la flamme » : en observant le reflet d’une flamme dans le vitrage, l’une des images reflétées présente une teinte légèrement différente (souvent rosée), ce qui indique la présence de la couche low-e.

Triple vitrage et coefficient ug inférieur à 0,6 W/m².K

Le triple vitrage ajoute un troisième verre et une seconde lame de gaz, ce qui permet de réduire encore les déperditions de chaleur. Un assemblage courant de type 4/12/4/12/4 avec argon et doubles couches low-e peut atteindre un Ug de 0,6–0,7 W/m².K ; les triples vitrages les plus performants, avec krypton et optimisations, descendent jusqu’à 0,4–0,5 W/m².K. Le gain de confort est spectaculaire à proximité immédiate des vitrages, même par grand froid, la température de surface intérieure restant proche de celle de l’air ambiant.

En contrepartie, le triple vitrage est plus lourd (environ +50 % de masse par m² par rapport à un double vitrage) et plus coûteux. Il laisse aussi généralement passer un peu moins de lumière (TLw) et de soleil (Sw) qu’un double vitrage équivalent. Il est donc particulièrement pertinent pour les façades nord ou est en climat froid, ou dans des projets où l’enveloppe du bâtiment est déjà très performante (maison passive, RE2020 très ambitieuse). À l’inverse, sur une façade sud en climat tempéré, un double vitrage VIR bien choisi reste souvent le meilleur compromis.

Gaz argon et krypton dans l’intercalaire : gains thermiques mesurables

Entre les verres, le type de gaz utilisé joue un rôle important dans la valeur de Ug. L’air, utilisé historiquement, est aujourd’hui presque toujours remplacé par l’argon, un gaz noble environ 30 % moins conducteur que l’air. Le passage de l’air à l’argon permet de gagner typiquement 0,2–0,3 W/m².K sur le Ug, pour un surcoût modéré et une technologie parfaitement maîtrisée dans le temps. La largeur optimale de la lame de gaz est en général de 14 à 18 mm pour l’argon.

Le krypton, encore plus isolant, est parfois utilisé dans les triples vitrages haut de gamme, notamment lorsque l’on souhaite réduire l’épaisseur totale du vitrage tout en conservant un excellent Ug. Il est en revanche nettement plus cher et réservé à des applications spécifiques (bâtiments passifs, cloisons vitrées très performantes, etc.). Dans la majorité des cas, un remplissage à l’argon bien mis en œuvre offre le meilleur rapport performance/prix pour vos fenêtres.

Warm-edge et intercalaires TGI pour réduire les ponts thermiques

L’intercalaire, cette bande qui sépare les vitrages en périphérie, est un point clé souvent négligé. Les anciens intercalaires en aluminium créent un pont thermique important au bord du vitrage, avec à la clé un Psi plus élevé, une température de surface plus basse et des risques de condensation. Les intercalaires « warm-edge » (bord chaud) en matériaux composites, inox ou hybrides, comme les technologies TGI, améliorent significativement la situation.

En remplaçant un intercalaire aluminium par un warm-edge, la température de surface en bas de vitrage peut gagner plusieurs degrés par temps froid, ce qui augmente le confort et réduit le risque de moisissures. Sur le plan énergétique, le gain peut représenter quelques kWh/m².an, particulièrement intéressant dans les projets à forte proportion de surfaces vitrées. Lors de la comparaison des devis, pensez donc à vérifier la nature des intercalaires proposés, même si ce point figure souvent en petits caractères.

Logiciels de simulation thermique THERM et window 7.8 de LBNL

Derrière de nombreux coefficients Uw, Uf, Ug et Psi se cachent des outils de simulation puissants. Parmi les plus utilisés au niveau international figurent les logiciels THERM et WINDOW développés par le Lawrence Berkeley National Laboratory (LBNL). Ces programmes, largement reconnus par la communauté scientifique et les organismes de certification, permettent de modéliser finement le comportement thermique des fenêtres et d’optimiser leur conception.

THERM est un logiciel de calcul par éléments finis en 2D dédié aux jonctions et profils de menuiserie : il sert notamment à déterminer les champs de température dans les cadres, les intercalaires et les points singuliers (appuis, liaisons mur-fenêtre) afin d’en déduire les Psi et Uf. WINDOW, de son côté, assemble les informations issues de THERM et des bases de données de vitrages pour calculer les performances globales des fenêtres : Uw, Sw, TLw, facteur g, etc. De nombreux fabricants européens s’appuient sur ces outils pour concevoir leurs nouvelles gammes et établir les fiches techniques normalisées.

Analyse du facteur solaire sw et optimisation selon l’orientation

Comparer les performances thermiques des menuiseries ne se limite pas aux seuls Uw et Ug. Le facteur solaire Sw, qui exprime la part d’énergie solaire totale transmise à l’intérieur (sur une échelle de 0 à 1), joue un rôle décisif dans le confort et les consommations de chauffage et de climatisation. Un Sw élevé favorise les apports gratuits en hiver, mais peut entraîner des surchauffes estivales si l’orientation, la surface vitrée et les protections solaires ne sont pas correctement étudiées.

Sur une façade sud en climat tempéré, viser un vitrage avec Sw autour de 0,55–0,65 permet en général de maximiser les gains solaires en hiver, à condition de prévoir des protections efficaces (volets, brise-soleil, casquettes) pour couper le soleil haut d’été. À l’est et à l’ouest, où le soleil est plus bas et plus difficile à contrôler, un Sw un peu plus faible, combiné à des stores extérieurs ou BSO, peut s’avérer judicieux pour limiter les surchauffes matinales et en fin de journée. Au nord, la priorité reste au Uw et à la transmission lumineuse TLw, le Sw ayant un rôle secondaire.

Pour un projet réellement optimisé, l’idéal est de raisonner fenêtre par fenêtre : type de vitrage, matériau du châssis, facteur solaire et protections extérieures doivent être adaptés à l’orientation et à l’usage de chaque pièce. Vous évitez ainsi les mauvaises surprises (salon plein sud invivable en été, chambres trop froides au nord) et tirez le meilleur parti de chaque euro investi dans vos menuiseries. En cas de doute, un bureau d’étude thermique ou un artisan expérimenté peut vous aider à arbitrer entre différentes combinaisons de Uw, Sw et TLw en fonction de votre climat et de vos priorités de confort.