# Quels matériaux de menuiserie choisir pour améliorer la performance énergétique ?

L’optimisation de la performance énergétique d’un bâtiment passe inévitablement par le choix judicieux des menuiseries extérieures. Les fenêtres, portes-fenêtres et autres ouvertures représentent jusqu’à 15% des déperditions thermiques totales d’une habitation. Face aux enjeux climatiques actuels et à la flambée des coûts énergétiques, sélectionner des menuiseries performantes devient une priorité absolue pour les propriétaires comme pour les professionnels du bâtiment. Les matériaux disponibles sur le marché offrent aujourd’hui des niveaux de performance remarquables, mais leurs caractéristiques techniques diffèrent considérablement. Entre PVC haute densité, aluminium à rupture de pont thermique, bois massif ou solutions mixtes, comment identifier la solution optimale pour votre projet ? Cette question nécessite une compréhension approfondie des coefficients thermiques, des technologies de vitrage et des spécificités de chaque matériau pour faire un choix éclairé et rentable sur le long terme.

Les coefficients thermiques déterminants : uw, uf et ug dans le choix des menuiseries

Comprendre les indicateurs de performance thermique constitue la base fondamentale pour sélectionner des menuiseries énergétiquement efficaces. Ces coefficients, normalisés au niveau européen, permettent de comparer objectivement les produits entre eux et de garantir leur conformité aux exigences réglementaires en vigueur. La réglementation thermique impose désormais des seuils minimaux de performance que vous devez respecter, particulièrement dans le cadre de rénovations bénéficiant d’aides publiques.

Coefficient uw : la performance thermique globale de la fenêtre

Le coefficient Uw (Window) représente la performance thermique globale de la fenêtre complète, incluant à la fois le châssis et le vitrage. Exprimé en W/(m².K), ce coefficient mesure la quantité de chaleur traversant l’ensemble de la menuiserie par mètre carré et par degré de différence de température. Plus cette valeur est basse, meilleure est l’isolation thermique. Les menuiseries actuelles atteignent couramment des valeurs Uw comprises entre 0,8 et 1,4 W/(m².K), contre 2,6 à 3,3 W/(m².K) pour les fenêtres simple vitrage des années 1980. Pour bénéficier des aides financières comme MaPrimeRénov’, vous devez installer des fenêtres présentant un Uw inférieur ou égal à 1,3 W/(m².K) en zone climatique H1 et H2, et inférieur à 1,7 W/(m².K) en zone H3. Ces seuils garantissent un niveau minimal de performance énergétique justifiant l’investissement public.

Coefficient uf : l’isolation du châssis et du dormant

Le coefficient Uf (Frame) caractérise spécifiquement la performance thermique du cadre de la fenêtre, c’est-à-dire le dormant et l’ouvrant, indépendamment du vitrage. Ce coefficient varie considérablement selon le matériau choisi et sa conception structurelle. Un profilé PVC multi-chambres de qualité affiche typiquement un Uf entre 0,9 et 1,2 W/(m².K), tandis qu’un profilé aluminium à rupture de pont thermique classique présente généralement des valeurs comprises entre 1,4 et 2,0 W/(m².K). Le bois massif ou lamellé-collé offre naturellement d’excellentes performances avec des Uf oscillant entre 1,0 et 1

0 à 1,4 W/(m².K). Plus le cadre est performant, plus il est possible d’atteindre de très bons Uw avec une surface vitrée importante. À l’inverse, un châssis médiocre tirera vers le bas un excellent vitrage. Concrètement, si vous hésitez entre deux menuiseries, commencez par comparer leur Uf : c’est souvent là que se jouent les différences de qualité de conception entre fabricants.

Coefficient ug : la transmission thermique du vitrage

Le coefficient Ug (Glazing) mesure la performance thermique du vitrage seul, sans tenir compte du châssis. Lui aussi s’exprime en W/(m².K). Un simple vitrage ancien présente typiquement un Ug d’environ 5,8 W/(m².K), un double vitrage standard autour de 2,8 W/(m².K), tandis qu’un double vitrage à isolation renforcée (VIR) descend à 1,0–1,1 W/(m².K). Les meilleurs triples vitrages atteignent aujourd’hui des Ug de 0,5–0,7 W/(m².K). Dans un projet de rénovation énergétique, viser au minimum un Ug ≤ 1,1 W/(m².K) pour le double vitrage est un bon compromis entre coût et performance.

Attention toutefois : un excellent Ug n’a de sens que si la pose est irréprochable. Une fenêtre très performante posée avec des joints défaillants laissera passer des infiltrations d’air, ce qui revient à laisser une petite fenêtre entrouverte en permanence. Lorsque vous étudiez un devis, vérifiez toujours que le fabricant précise distinctement Uw, Uf et Ug : cela vous permet de comprendre où se situent les points forts (et les faiblesses) de la menuiserie proposée.

Le facteur solaire sw et la transmission lumineuse tlw

Au-delà des pertes de chaleur, une fenêtre performante doit aussi bien gérer les apports solaires et la lumière naturelle. Le facteur solaire Sw (ou g selon la norme européenne) indique la proportion d’énergie solaire qui traverse le vitrage pour être restituée à l’intérieur. Un Sw de 0,65 signifie que 65% du rayonnement solaire incident contribue au chauffage passif de votre logement. C’est un atout en hiver, mais cela peut devenir un inconvénient dans une maison très vitrée orientée plein sud en été, avec un risque marqué de surchauffe.

La transmission lumineuse TLw, quant à elle, exprime la capacité du vitrage à laisser passer la lumière visible, sur une échelle de 0 à 1. Un vitrage standard présente en général une TLw d’environ 0,75. Plus la TLw est élevée, plus vos pièces bénéficient d’un éclairage naturel gratuit, ce qui réduit les besoins en éclairage artificiel. L’idéal est de trouver un équilibre : un bon facteur solaire pour profiter des apports gratuits là où c’est pertinent (façade sud dans les régions froides, par exemple), tout en combinant protections solaires (volets, brise-soleil, stores) et vitrages spécifiques là où la surchauffe est un risque réel.

pvc haute densité : caractéristiques techniques et performances énergétiques

Le PVC s’est imposé depuis plusieurs années comme le matériau de menuiserie le plus utilisé en rénovation énergétique, notamment grâce à son excellent rapport performance/prix. Mais tous les PVC ne se valent pas : entre un profilé premier prix et un PVC haute densité issu de gammes professionnelles (Kömmerling, Veka, Aluplast, etc.), l’écart de performance thermique, de rigidité et de durabilité est considérable. Comprendre la conception des profilés vous aide à choisir des menuiseries réellement performantes et durables.

Profilés multi-chambres à 5, 6 et 7 chambres d’isolation

Le cœur de la performance thermique d’une fenêtre PVC réside dans sa structure interne. Les profilés modernes sont conçus avec plusieurs chambres d’air parallèles, formant de véritables « cloisonnements » isolants à l’intérieur du cadre. Les gammes actuelles hautes performances proposent généralement des profilés à 5, 6 voire 7 chambres sur une épaisseur de 70 à 82 mm. Chaque chambre joue le rôle d’une petite couche d’isolant supplémentaire, en limitant les mouvements de convection interne.

À l’inverse, un profilé d’ancienne génération à 3 chambres, plus fin, présente un Uf nettement moins bon, ce qui se traduit par un Uw global plus élevé, même avec le même vitrage. Concrètement, une fenêtre PVC 5–7 chambres avec double vitrage VIR peut atteindre un Uw de 1,2–1,3 W/(m².K), là où un modèle 3 chambres dépassera souvent 1,6–1,8 W/(m².K). Pour optimiser la performance énergétique de vos menuiseries, privilégiez donc systématiquement les profilés à ≥ 5 chambres, surtout dans les zones climatiques froides.

Renforts acier galvanisé et stabilité dimensionnelle

Si le PVC est un excellent isolant thermique, il reste un matériau relativement souple. Pour garantir la stabilité dans le temps, en particulier sur les grandes dimensions (portes-fenêtres, baies vitrées), les fabricants insèrent des renforts en acier galvanisé ou en alliages spécifiques dans les chambres principales du profilé. Ces renforts apportent la rigidité structurelle nécessaire pour résister aux contraintes de vent, au poids du vitrage et aux sollicitations quotidiennes (ouvertures/fermetures répétées).

Un renfort sous-dimensionné peut entraîner, à moyen terme, des déformations du châssis, une mauvaise fermeture de l’ouvrant, voire des problèmes d’étanchéité à l’air et à l’eau. En rénovation énergétique, cela se traduit par des pertes de performance et une baisse du confort. Lorsque vous analysez un devis de fenêtre PVC, n’hésitez pas à demander des précisions sur l’épaisseur et la continuité des renforts acier, notamment pour les baies de grande largeur. Un PVC haute densité correctement renforcé permet aujourd’hui d’équiper sans crainte des ouvertures de 2,20 m de haut ou plus, avec du double voire du triple vitrage.

Classement aev et résistance aux intempéries du pvc

Le classement AEV (Air, Eau, Vent) est un indicateur essentiel de la résistance d’une menuiserie aux infiltrations et aux pressions climatiques. Il se présente sous la forme A* (perméabilité à l’air), E* (étanchéité à l’eau) et V* (résistance au vent), avec pour chaque critère une échelle de performance. Les fenêtres PVC de qualité atteignent généralement des classements A*4, E*7B à E*9A et V*A2 à V*A3, ce qui garantit une très bonne tenue en façade, y compris dans des zones exposées.

Un bon classement AEV n’est pas seulement un gage de confort en cas de tempête : il conditionne aussi directement la performance énergétique réelle. Une fenêtre très isolante sur le papier mais perméable à l’air perd en pratique une grande partie de son efficacité. Pour une rénovation performante, visez des menuiseries PVC affichant au minimum A*3, E*7 et V*A2, en adaptant les exigences aux contraintes de votre région (bord de mer, altitude, vents dominants).

Comparaison entre pvc standard et pvc haute performance kömmerling, veka ou aluplast

Les gammes de PVC haute performance proposées par des fabricants reconnus comme Kömmerling, Veka ou Aluplast se distinguent par plusieurs caractéristiques techniques : géométrie optimisée des chambres, épaisseur accrue des parois, qualité des joints d’étanchéité et compatibilité avec des vitrages épais (jusqu’à 48 ou 52 mm pour le triple vitrage). Résultat : des Uf pouvant descendre sous 1,0 W/(m².K) et des Uw globaux largement inférieurs à 1,2 W/(m².K) en configuration triple vitrage.

À l’inverse, un PVC standard d’entrée de gamme, même s’il peut sembler attractif financièrement, présente souvent des parois plus fines, moins de chambres, des joints simples et une capacité de vitrage limitée. Sur la durée de vie de la menuiserie (20 à 30 ans), l’écart de déperditions thermiques et de confort est loin d’être négligeable. Si votre objectif est clairement l’amélioration de la performance énergétique, il est pertinent d’investir dans des profilés de marques reconnues plutôt que de rechercher le prix le plus bas, surtout dans les pièces principales ou les façades les plus exposées.

menuiseries aluminium à rupture de pont thermique : systèmes et innovations

Longtemps critiqué pour sa conductivité thermique élevée, l’aluminium a profondément évolué grâce aux systèmes de rupture de pont thermique. Aujourd’hui, les menuiseries aluminium bien conçues rivalisent avec le PVC et le bois en termes de performance énergétique, tout en offrant une finesse de profilés et une robustesse inégalées. C’est particulièrement intéressant pour les grandes baies vitrées et les architectures contemporaines où la recherche de luminosité maximale est centrale.

Barrettes polyamide pa6.6 et largeur de rupture thermique de 24 à 34 mm

La clé de l’isolation en menuiserie aluminium réside dans l’interruption de la conductivité entre la face intérieure et la face extérieure du profilé. Cette rupture est réalisée à l’aide de barrettes en polyamide renforcé de fibres de verre (souvent désigné PA6.6 GF). Ces barrettes, insérées entre les deux demi-profils aluminium, créent une zone faiblement conductrice qui limite considérablement les transferts de chaleur.

Plus la largeur de ces barrettes est importante (24, 30 voire 34 mm), plus la rupture de pont thermique est efficace. Sur les gammes anciennes à 14–18 mm, l’Uf restait souvent au-delà de 2 W/(m².K). Les profilés de dernière génération, avec de larges barrettes et des chambres internes optimisées, permettent d’atteindre des Uf de 1,2–1,4 W/(m².K), tout à fait compatibles avec les exigences des bâtiments basse consommation, surtout combinés à un double ou triple vitrage performant.

Profilés aluminium technal, reynaers et schüco : performances comparées

Les grands fabricants de systèmes aluminium comme Technal, Reynaers ou Schüco proposent des gammes complètes de profilés destinés à la rénovation et au neuf. Leur différence se joue sur la finesse des sections, la largeur de la rupture de pont thermique, la complexité des chambres internes et la qualité des joints. Par exemple, certaines gammes à ouvrant visible de ces fabricants atteignent des Uw autour de 1,3–1,4 W/(m².K) avec double vitrage VIR, et descendent sous 1,0 W/(m².K) en triple vitrage sur des dimensions standard.

Lorsque vous comparez des devis en aluminium, ne vous limitez pas au prix ou à l’esthétique. Demandez systématiquement la référence du système (par exemple Technal Soleal, Schüco AWS, Reynaers MasterLine) et les fiches techniques associées : elles détaillent les classements AEV, les Uf possibles selon les configurations et les épaisseurs de vitrage admissibles. C’est le seul moyen de vérifier que vous investissez bien dans une menuiserie aluminium à haute performance énergétique, et non dans un système obsolète relooké.

Systèmes à ouvrant caché et joints d’étanchéité epdm

Les systèmes à ouvrant caché, très prisés en architecture contemporaine, consistent à rendre invisible depuis l’extérieur le cadre mobile de la fenêtre, qui vient se dissimuler derrière le dormant. Ce principe permet de réduire l’épaisseur apparente des profilés et d’augmenter la surface vitrée pour une même dimension de baie. Sur le plan énergétique, cela se traduit par une proportion vitrage/châssis plus favorable, et donc par un Uw globalement amélioré, puisque le vitrage est la partie la plus performante thermiquement.

Parallèlement, les joints d’étanchéité jouent un rôle central. Les menuiseries aluminium haut de gamme utilisent des joints en EPDM (éthylène-propylène-diène monomère), un caoutchouc synthétique particulièrement résistant au vieillissement, aux UV et aux variations de température. Des joints mal conçus ou réalisés dans des matériaux de moindre qualité peuvent durcir, se fissurer et perdre leur efficacité au fil des ans, créant des infiltrations d’air qui dégradent fortement la performance thermique réelle de vos fenêtres.

Aluminium triple vitrage : exigences structurelles et renforts

L’association de l’aluminium et du triple vitrage séduit de plus en plus dans les projets à très haute performance énergétique, notamment en climat froid ou pour les maisons passives. Mais cette configuration impose des contraintes structurelles importantes : un triple vitrage 4/16/4/16/4 pèse environ 30 kg/m², contre 20 kg/m² pour un double vitrage standard 4/16/4. Sur une grande baie coulissante, le poids de l’ouvrant peut ainsi dépasser les 150 kg.

Pour garantir une manœuvre fluide et une durabilité optimale, les systèmes aluminium destinés au triple vitrage doivent intégrer des renforts spécifiques, des ferrures dimensionnées en conséquence et parfois des chariots à roulements renforcés pour les coulissants. Lors de la sélection de vos menuiseries, vérifiez que la gamme choisie est explicitement compatible avec le triple vitrage sur les dimensions envisagées, et que le fabricant fournit des données de poids maximal par ouvrant. C’est un point de vigilance essentiel pour éviter les déformations, les problèmes de réglage récurrents et les pertes de performance dans le temps.

bois massif et bois lamellé-collé : essences et traitements pour l’efficacité énergétique

Le bois reste le matériau de menuiserie le plus naturellement performant sur le plan thermique. Sa faible conductivité, associée à une grande inertie, en fait un allié de choix pour améliorer le confort d’hiver comme d’été. Mais toutes les essences ne présentent pas les mêmes propriétés, et la durabilité d’une fenêtre bois dépend étroitement des traitements et des finitions appliqués. Bien choisi et bien entretenu, un châssis bois peut dépasser sans difficulté 40 à 50 ans de durée de vie.

Essences performantes : chêne, mélèze, douglas et bois exotiques certifiés fsc

Les essences utilisées en menuiserie extérieure doivent combiner résistance mécanique, stabilité dimensionnelle et durabilité naturelle face aux agressions biologiques (champignons, insectes) et climatiques. Le chêne, dense et robuste, offre d’excellentes performances mais à un coût plus élevé. Le mélèze et le douglas, résineux naturellement durables, sont très appréciés pour les climats rigoureux et les régions de montagne, grâce à leur bonne résistance à l’humidité et aux variations de température.

Les bois exotiques (comme le méranti, le moabi ou le sipo), lorsqu’ils sont certifiés FSC ou PEFC, constituent également des options intéressantes : ils présentent souvent une très bonne durabilité naturelle en classe 3, voire 4, et une esthétique chaleureuse. Quel que soit votre choix, privilégiez des bois issus de forêts gérées durablement et bénéficiant d’une certification, afin de concilier performance énergétique et impact environnemental maîtrisé.

Traitement classe 3 et classe 4 selon la norme nf en 335

La norme NF EN 335 définit les classes d’usage des bois en fonction des conditions d’exposition à l’humidité et aux agents biologiques. Pour les menuiseries extérieures hors contact avec le sol, la classe 3 est généralement requise : le bois est exposé aux intempéries mais peut sécher entre deux périodes d’humidification. Dans des environnements particulièrement agressifs (bord de mer, fortes expositions), la classe 4, qui correspond à un bois en contact permanent avec l’humidité, peut être pertinente sur certaines parties de l’ouvrage.

Les traitements appliqués (autoclave, imprégnation, traitements de surface) permettent de porter un bois naturellement peu durable à une classe d’usage supérieure. Dans le cadre d’une rénovation énergétique, choisir des menuiseries bois correctement traitées en classe 3 au minimum est indispensable pour garantir la longévité de l’investissement. N’hésitez pas à demander au fabricant ou à l’installateur les fiches techniques de traitement et la classe d’usage certifiée du bois utilisé.

Lamellé-collé trois plis : stabilité dimensionnelle et résistance hygroscopique

Le bois lamellé-collé trois plis est de plus en plus utilisé pour les menuiseries performantes. Il se compose de trois lames de bois collées entre elles, dont les fibres sont croisées ou parallèles selon les cas, ce qui permet de réduire drastiquement les déformations liées aux variations d’humidité (tuilage, gauchissement). Cette structure améliore la stabilité dimensionnelle du châssis et limite l’apparition de jeux qui pourraient nuire à l’étanchéité.

Sur le plan thermique, le lamellé-collé conserve les excellentes propriétés isolantes du bois massif, tout en offrant une meilleure résistance mécanique à poids égal. Cela autorise des profilés plus élancés, des sections optimisées et une capacité à recevoir des vitrages lourds (triple vitrage) sans risque de déformation excessive. Pour une rénovation axée sur la performance énergétique et la durabilité, les menuiseries en bois lamellé-collé trois plis représentent souvent le meilleur compromis.

Finitions lasure microporeuse et peinture acrylique haute protection

La finition de surface conditionne la longévité du bois et son comportement face aux intempéries. Les lasures microporeuses laissent apparaître le veinage tout en protégeant le support : elles forment un film perméable à la vapeur d’eau, permettant au bois de « respirer » tout en limitant la pénétration de l’eau liquide. Elles nécessitent un entretien régulier, généralement tous les 5 à 8 ans selon l’exposition et la teinte (les teintes foncées vieillissant souvent mieux aux UV).

Les peintures acryliques haute protection offrent, quant à elles, une barrière plus opaque et plus résistante aux UV. Elles peuvent présenter des durées de vie de 10 à 15 ans avant rénovation, sous réserve d’un entretien minimal. Dans tous les cas, un bon système de finition doit être appliqué en usine en plusieurs couches (imprégnation, primaire, finition), sur un bois correctement préparé. Ce « pack finition » est un investissement indispensable pour garantir la performance énergétique dans le temps : un bois mal protégé se dégrade, se fissure et perd ses qualités d’étanchéité et d’isolation.

mixte bois-aluminium : configuration optimale pour la performance thermique

Les menuiseries mixtes bois-aluminium combinent le meilleur des deux mondes : côté intérieur, le bois apporte une excellente isolation thermique et acoustique, ainsi qu’une esthétique chaleureuse ; côté extérieur, l’aluminium assure une protection durable contre les intempéries, sans entretien. Cette configuration permet d’utiliser des essences de bois performantes sans les exposer directement aux agressions climatiques, ce qui augmente considérablement leur durée de vie.

Sur le plan thermique, les châssis mixtes affichent des Uf très compétitifs, souvent compris entre 0,9 et 1,2 W/(m².K), particulièrement lorsqu’ils sont associés à des vitrages à isolation renforcée ou à du triple vitrage. Ils sont donc particulièrement adaptés aux projets de rénovation globale visant un niveau de performance élevé (BBC rénovation, maison passive). Leur principal inconvénient reste le coût initial, supérieur à celui des solutions monomatériau. Toutefois, si l’on intègre la durabilité, le faible entretien extérieur et les économies d’énergie générées, l’investissement peut se révéler très pertinent sur le long terme.

triple vitrage à gaz argon et krypton : composition et coefficient d’isolation

Le triple vitrage est aujourd’hui la solution la plus performante pour limiter les déperditions thermiques par les fenêtres. Il se compose de trois feuilles de verre séparées par deux lames de gaz (argon ou krypton), formant un ensemble hermétique. Les configurations les plus courantes sont de type 4/12/4/12/4 ou 4/16/4/16/4, avec des épaisseurs de verres et des intercalaires variables selon les objectifs thermiques et acoustiques.

Grâce à cette structure, le triple vitrage peut atteindre des Ug de 0,5 à 0,7 W/(m².K), contre 1,0–1,1 W/(m².K) pour un bon double vitrage VIR. L’ajout de gaz argon ou krypton dans les lames d’air permet de réduire les mouvements de convection interne et d’améliorer la résistance thermique globale. Le krypton, plus performant mais aussi plus coûteux, est généralement réservé aux vitrages très fins ou aux constructions très basse énergie où chaque dixième de W/(m².K) compte. Pour la plupart des rénovations, un triple vitrage à gaz argon bien dimensionné offre déjà un excellent compromis.

Intercalaire warm edge tps et réduction du pont thermique linéaire

Entre les différentes feuilles de verre, l’intercalaire périphérique joue un rôle souvent sous-estimé dans la performance énergétique du vitrage. Les intercalaires aluminium traditionnels créent un pont thermique linéaire, entraînant des déperditions de chaleur en périphérie du vitrage et parfois des condensations sur les bords en hiver. Les systèmes « Warm Edge » (bord chaud), comme les intercalaires TPS (Thermo Plastic Spacer), remplacent ce métal très conducteur par des matériaux à faible conductivité (mélange de polymères et de fibres, inox renforcé, etc.).

Résultat : la température de surface en bord de vitrage augmente, le risque de condensation diminue et le coefficient linéique Ψ (psi) s’améliore sensiblement. Sur une baie de grande dimension, ce gain peut représenter plusieurs pourcents de performance globale. Lorsque vous comparez des triples vitrages, privilégiez systématiquement les références intégrant un intercalaire Warm Edge ; c’est un détail technique qui fait une vraie différence en termes de confort et d’efficacité énergétique.

Couches faiblement émissives low-e à base d’oxydes métalliques

Les vitrages modernes, qu’ils soient doubles ou triples, intègrent presque systématiquement une ou plusieurs couches faiblement émissives (Low-E). Il s’agit de dépôts microscopiques d’oxydes métalliques (argent, étain, etc.) appliqués sur une face interne du verre. Leur fonction : laisser passer la lumière visible tout en réfléchissant une grande partie du rayonnement infrarouge. En hiver, ces couches renvoient la chaleur produite par vos radiateurs vers l’intérieur de la pièce, réduisant ainsi les pertes par rayonnement.

Dans un triple vitrage, la combinaison de plusieurs couches Low-E, associées au gaz argon ou krypton, permet d’atteindre des niveaux de performance thermique impossibles à obtenir avec un simple double vitrage non traité. Le fameux « test de la flamme » vous permet d’ailleurs de vérifier la présence de ces couches : en observant le reflet d’une flamme dans le vitrage, vous verrez l’un des reflets légèrement teinté (rosé ou bleuté), signe de la couche Low-E. Pour une rénovation énergétique ambitieuse, vérifiez toujours que vos vitrages sont bien de type ITR/VIR (isolation thermique renforcée) avec couches faiblement émissives.

Épaisseur des lames d’air : configuration 4/16/4/16/4 versus 4/18/4/18/4

On pourrait croire qu’augmenter indéfiniment l’épaisseur des lames d’air (ou de gaz) entre les verres améliore systématiquement la performance thermique. En réalité, il existe une épaisseur optimale au-delà de laquelle les mouvements de convection interne s’intensifient, ce qui dégrade le coefficient Ug. Pour le gaz argon, cette épaisseur optimale se situe généralement autour de 14 à 18 mm. C’est pourquoi les configurations 4/16/4/16/4 ou 4/18/4/18/4 sont les plus fréquentes pour les triples vitrages à haute performance.

Dans la pratique, la différence de performance entre un 4/16/4/16/4 et un 4/18/4/18/4 reste modeste, mais elle peut être décisive dans les projets les plus exigeants. En revanche, réduire trop fortement l’épaisseur des lames (par exemple 4/10/4/10/4) pour gagner en finesse et en poids se traduit par une hausse notable du Ug, sauf à recourir au krypton, plus isolant que l’argon à épaisseur égale. Le choix de la configuration doit donc se faire en tenant compte à la fois des contraintes structurelles (poids, épaisseur de châssis) et de l’objectif de performance énergétique visé.